Contrôle des mauvaises herbes : le plantain

Sans aucune vérification et aucune intervention, il n’est pas rare que la pelouse comporte de mauvaises herbes, c’est tout à fait naturel. Ces plantes ou herbes peuvent évidemment avoir des utilités ou même présenter des vertus médicinales et autres.

L’appellation « mauvaise herbe » n’est pas utilisée dans ce sens mais pour désigner les espèces végétales envahissantes, poussant de façon incontrôlée dans un endroit où elles sont indésirables, au risque d’entrer en concurrence avec les plantes cultivées et de nuire à celles-ci.

Le plantain

Le plantain fait partie de ces mauvaises herbes qui peuvent s’avérer très utiles. En effet, on peut l’utiliser pour des gestes de premiers soins en cas de piqûres d’insectes (guêpes, moustiques, abeilles…) ou d’irritations cutanées suite à un contact avec des plantes comme l’ortie ou l’herbe à puce.

Pour ce faire, on peut frotter la piqûre ou la zone touchée par l’irritation avec les feuilles du plantain. En outre, parmi les nombreuses utilisations auxquelles cette plante se destine, beaucoup l’utilisent également en cas de toux, de bronchite et de constipation.

Ainsi, on peut laisser infuser pendant dix minutes dans un litre d’eau frémissante 1,5 g de parties aériennes du plantain et en boire deux à quatre tasses par jour. De même, les feuilles, de préférence les jeunes, peuvent se déguster en salade et on peut également les cuire en soupe.

En salade, celles-ci peuvent être ajoutées à la laitue ou aux endives, avec un goût légèrement amer et un léger parfum de champignon. Il est à noter qu’il est préférable d’utiliser les jeunes feuilles et les fleurs fraiches et que même si le plantain se récolte pendant dix mois à l’année, il est tout de même indiqué de le cueillir à la floraison et dans des endroits non pollués.

Une mauvaise herbe quand même

Si le plantain est aussi indésirable sur la pelouse, c’est parce qu’elle a la particularité d’être très envahissante, colonisant tous les coins de celle-ci et ce massivement et rapidement. En agissant ainsi et en se développant, le plantain ne manquera pas d’étouffer le gazon mais également les autres plantes qui se trouvent à proximité si aucune mesure n’est prise.

On peut notamment distinguer trois espèces de plantain dont le plantain lancéolé, le plantain majeur et le plantain moyen mais ce sont surtout le plantain lancéolé et le plantain majeur que nous retrouvons sur les pelouses.

Distinguer une espèce d’une autre

Toutes espèces confondues, le plantain a une inflorescence longue de 3 à 10 cm, celle-ci étant toujours au bout de la tige et comportant un grand nombre de fleurs. On reconnait le plantain lancéolé grâce à ses feuilles étroites lancéolées (à l’image d’un fer de lance) et aux nervures marquées.

Sa hauteur peut aller de 10 à 40 cm et on le retrouve surtout dans les prés, les chemins, les pelouses ainsi que les endroits piétinés et les terrains vagues car les graines sont disséminées en étant écrasées par les semelles des chaussures et en étant laissées en terre un peu plus tard.

Comme le plantain lancéolé, le plantain majeur se retrouve également dans les endroits piétinés et les pelouses. Également, on retrouve le plantain majeur dans les pâturages et les champs ainsi que sur les chemins. Ayant une hauteur pouvant aller de 10 à 30 cm, la plante a des feuilles ovales et est dotée d’épi de forme allongée et cylindrique.

Quant au plantain moyen, ses feuilles ovales forment des rosettes au sol et sa hauteur peut atteindre de 20 à 40 cm. On le retrouve surtout sur les chemins, dans les prés et les pâturages ainsi que dans des endroits secs.

Des méthodes manuelles et mécaniques

Si les plantains sont déjà présents de manière massive sur votre pelouse, les arracher manuellement ou mécaniquement (avec un couteau désherbeur, un sarcloir…) peut constituer une tâche ingrate et il vous faudra beaucoup de patience.

Pour éviter une telle situation, il est préférable d’agir dès les premières apparitions, alors que le plantain apparait de manière isolée ou de façon localisée. Comme le plantain a des racines pivotantes, il est assez aisé d’arracher celles-ci, surtout si le sol est humide.

En cas de désherbage, il faut être sûr de bien se débarrasser des racines et des débris pour éviter toute dissémination des graines et repousse de la plante. Pour éviter que les mauvaises n’y repoussent, il est préférable de reboucher le trou avec un mélange de terre, de compost et de semis de gazon.

Des méthodes naturelles et écologiques

Autant que possible, il est préférable d’éviter les produits chimiques. Par ailleurs, plusieurs méthodes naturelles peuvent s’avérer efficaces surtout si vous n’attendez pas que le plantain ait envahi votre pelouse avant d’agir.
Ainsi, l’eau de cuisson des pâtes, du riz ainsi que des pommes de terre a des propriétés naturelles herbicides. Elle est d’autant plus efficace en étant chaude. Vous pouvez la verser en utilisant un arrosoir ou encore un pulvérisateur de jardin.

Toujours en utilisant un arrosoir ou un pulvérisateur de jardin, vous pouvez arroser les mauvaises herbes d’un mélange d’eau et de vinaigre blanc bien chaud. Cette méthode ne devrait cependant pas être utilisée que d’une manière locale car un excès de vinaigre blanc pourrait rendre le sol acide.

Autre méthode naturelle mais avec le risque de sentir une odeur particulièrement désagréable, vous pouvez couper en petits morceaux 1 kg d’orties et laisser le tout macérer dans 10 litre d’eau de pluie durant 3 jours en prenant soin de mélanger une fois par jour. Utilisez un arrosoir pour en arroser les plantains après avoir grossièrement filtré le purin ainsi obtenu.

De bonnes méthodes culturales pour une pelouse saine

Si votre pelouse n’est pas entretenue correctement, vous risquez d’avoir un gazon qui n’est pas en très bonne santé, celui-ci n’étant pas à même de concurrencer les mauvaises herbes et d’avoir une emprise sur celles-ci.
Ceci explique donc l’importance d’adopter de bonnes méthodes culturales en ce qui concerne votre pelouse dont notamment celles que nous vous indiquerons par la suite. Il ne s’agit pourtant pas de méthodes très difficiles à appliquer ni très coûteuse. Il vous faut juste un peu de volonté, de l’assiduité et une régularité ainsi que de la patience.

Comment tondre votre pelouse?

Il est préférable de tondre votre pelouse de façon régulière pour favoriser la poussée des plantes herbacées et non celles des mauvaises herbes à larges feuilles. Également, privilégiez une hauteur de coupe entre 6 et 8 cm pour que le sol reste au frais et pour éviter que les mauvaises herbes ne germent.

Dans le cas d’une tonte rase, vous favorisez la présence racines courtes et votre gazon peut moins résister à la sécheresse. En revanche, une tonte trop longue favorisera la présence des mauvaises herbes qui vont concurrencer votre gazon.

Par ailleurs, il est recommandé de ne pas couper plus du tiers du limbe des feuilles et d’utiliser une lame de tondeuse qui tranche bien pour favoriser une bonne et rapide régénération de l’herbe. Également, optez pour une tondeuse déchiqueteuse ou n’enlevez pas l’herbe du sol après la tonte.

Faut-il arroser la pelouse?

S’il est vraiment nécessaire de l’arroser, il est recommandé d’y procéder tôt le matin. Par ailleurs, il serait judicieux d’utiliser un pluviomètre afin d’avoir connaissance de la quantité d’eau reçue quand il pleut ou quand la pelouse est arrosée.

En effet, les besoins hebdomadaires des pelouses en matière d’eau sont généralement de 1,5 à 2,5 cm, ce qui inclut les précipitations naturelles. Par ailleurs, la grande majorité des pelouses en bonne santé ne nécessitent pas d’eau outre que celle fournies par les précipitations régulières tandis qu’un excès d’eau peut provoquer un manque d’oxygène et ainsi favoriser la survenue de maladies.

Qu’en est-il du sol?

Une caractéristique trop fertile ou pas assez fertile du sol peut favoriser l’apparition des mauvaises herbes. De même, il convient de noter qu’un sol à pH de 6,5 est préférable pour les plantes herbacées. Ainsi, un traitement à la chaux permettra d’en augmenter le pH mais auparavant il est nécessaire de faire faire une analyse du sol.

Celui vous permettra, en effet, d’avoir connaissance du pH de votre sol, des éléments nutritifs qu’il contient mais aussi le type et la quantité d’engrais qui lui conviennent. Également, il est essentiel de noter que si du feutre racinaire est présent, l’épaisseur de la couche ne devrait pas aller au-delà de 1,3 cm.

En effet, cette condition est idéale en ce sens que la décomposition des déchets de tonte et des tiges de gazon est favorisée par les microbes, ceux-cii contribuant également à la conservation de l’humidité du sol.

Pour ce qui est du réensemencement ou du réengazonnement, il est préférable d’y procéder au printemps ou à l’automne. Cela permettra d’obtenir une pelouse plus luxuriante, le gazon pouvant ainsi mieux livrer concurrence aux mauvaises herbes.

En cas de situation d’envahissement par ces dernières, il est recommandé de travailler le sol à nouveau dans les parties concernées avant de procéder à un réensemencement ou à un réengazonnement de celles-ci.