Entretien de pelouse : les punaises de céréales

Qui n’a jamais rêvé d’une belle pelouse qui ne nécessite pas beaucoup d’entretien ? Les insectes sont naturellement associés à la pelouse et il existe des organismes qui sont bénéfiques pour celui-ci et les jardins. Cependant, certains insectes sont loin de l’être pour nos pelouses et les punaises de céréales, également nommées punaises velues, en font partie.

Petit mais ravageur

De couleur gris-noir, la punaise velue adulte est longue de 3,5 à 4 mm. La marge de ses ailes s’orne de taches blanches et celles-ci se plient sur son dos. Il est intéressant de noter que la couleur de l’insecte évolue au fil des stades de sa vie. Ainsi, si les larves sont minuscules et rougeâtres, la coloration va de l’orange au noir en passant par le brun. Le corps de la nymphe est démuni d’aile et cintré de bandes blanches.

Ce sont autant les punaises aux stades immatures que les adultes qui ravagent les pelouses. En effet, pour se nourrir, cet insecte pique la tige et le collet des graminées du gazon grâce à ses pièces buccales pour en prélever la sève.

En agissant ainsi, il endommage les plants, empêchant la bonne circulation de l’eau et des éléments nutritifs. Cela entraine leur mort en l’absence d’une intervention efficace. Par ailleurs, le flétrissement et la mort des plants sont d’autant plus favorisés par le fait qu’en s’alimentant, l’insecte injecte dans le plant des enzymes toxiques.

L’agrostide mais aussi d’autres graminées

Les punaises de céréales ou punaises velues ont une préférence particulière pour l’agrostide. Néanmoins, d’autres types de graminées peuvent aussi leur servir de plantes hôtes comme le pâturin de Kentucky, le ray-grass vivace ou encore des variétés de fétuques rouges.

Plusieurs situations peuvent favoriser les infestations comme les tontes courtes, la présence excessive de chaume ainsi que l’utilisation excessive d’engrais azotés. Les risques sont plus accrus pour les pelouses aménagées sur un sol sablonneux ou encore les pelouses implantées dans des zones très ensoleillées et qui sont soumises à des conditions de sécheresse.

Des symptômes pouvant être assimilés à ceux de la sécheresse

Comme nous venons de le souligner, les pelouses sur des zones ensoleillées font partie de celles qui sont les plus touchées par l’infestation et d’ailleurs, les dommages que ces insectes provoquent sont plus remarquables par temps chaud et sec.

Il est fort possible que les propriétaires confondent ces dommages aux effets du manque d’eau dû à une période de sécheresse sur leur pelouse. L’apparition des ravages provoqués par les punaises velues a généralement lieu à partir du mois de juin, mais il peut en être autrement selon la température et l’humidité de la saison.

Initialement les pelouses vont présenter des taches jaunes irrégulières. Les feuilles jaunissent et finissent par brunir. Au fil de l’été, les taches s’élargissent et la pelouse entière peut être dévastée et en mourir en l’absence d’intervention.

Il est essentiel de souligner qu’au moment où d’importants dégâts visibles peuvent être aperçus sur la pelouse, il est souvent trop tard pour intervenir étant donné que les punaises velues sont à ce moment déjà au stade adulte.

Les chercher du regard pour confirmer qu’il s’agit de punaises de céréales

Des moyens relativement simples vous permettront de confirmer qu’il s’agit bien d’une présence de punaises velues sur votre pelouse et non des effets d’un manque d’eau dû à une sécheresse. Vous pourrez ainsi agir rapidement avant qu’elle ne meure entièrement.

Vous pouvez écarter les brins d’herbe et vérifier la présence des punaises, qu’il s’agisse de nymphes (rougeâtres) ou d’adultes (noires). En effet, même si les punaises velues sont de taille minuscule, on peut les voir à l’œil nu en regardant de très près. Et comme elles évitent la lumière, il est possible que les punaises de céréales se tapissent dans les crevasses du sol.

Confirmer l’infestation grâce à des outils simples

Cependant, si vous n’arrivez pas à en apercevoir, ne vous arrêtez pas là car leur présence peut être réelle même si vous ne les voyez pas à l’œil nu. Pour confirmer leur présence, vous n’avez pas besoin d’outils spéciaux.

Munissez-vous d’une grande boîte de conserve à laquelle vous aurez ôté les deux extrémités. Enfoncez 5 cm de hauteur de la boîte de conserve dans la pelouse avant de la remplir d’eau savonneuse. Au cas où le niveau d’eau baisserait, vous pouvez en rajouter.

Dans le cas où votre pelouse a été choisie par des punaises velues comme plants hôtes, les insectes vont flotter à la surface de l’eau après 5 à 10 minutes d’attente. Pour avoir un aperçu du stade où en est l’infestation, il est préférable de répéter l’opération à différents endroits de la pelouse dont les bordures notamment. Si à chaque fois vous rencontrez entre 5 à 10 individus, il s’agit déjà d’une infestation assez grave qui peut être ravageuse pour votre pelouse.

Par ailleurs, il convient également de noter que l’odeur répugnante dégagée par la pelouse quand vous marchez dessus peut être celle des punaises de céréales qui réagissent ainsi en étant écrasées. Cette odeur peut alors indiquer que votre pelouse est déjà gravement infestée.

Agir rapidement

Une détection précoce est toujours la meilleure solution pour venir à bout des punaises velues. En effet, il est facile de les contrôler dans le cas d’une détection précoce. Il s’agit du moment où ces insectes en sont au stade de nymphe, vers la fin mai et juin, même s’il n’y a pas encore de dommage visible.

Quand les premiers symptômes commencent à être visibles, généralement vers la mi-juillet, c’est que les punaises sont déjà au stade adulte. Vers le mois d’août, en l’absence d’intervention, les ravages sont généralement irréversibles. La pelouse est irrécupérable et les symptômes sont d’autant plus favorisés par le climat chaud et sec. À ce stade, la meilleure option reste le réensemencement.

Dans le cas d’une détection précoce de la présence des punaises, on utilise généralement plusieurs méthodes culturales et biologiques mais aussi chimiques en combinaison pour lutter efficacement contre celles-ci.

La question des produits chimiques

Il est essentiel de signaler que les pesticides ou produits chimiques ne devraient être utilisés qu’en dernier recours, avec les recommandations et la direction de professionnels en horticulture. Des produits peu nocifs peuvent être utilisés comme la terre diatomée, la pyréthrine et la roténone.

Dans tous les cas, il est important de toujours lire les instructions d’utilisation préalablement puis de bien respecter les directives et les mises en garde concernant le produit. Aussi, vérifiez qu’il est bien approuvé par Santé Canada.

Des méthodes faciles à appliquer

En matière d’arrosage, vous pouvez utiliser quotidiennement de l’eau savonneuse. Versez 25 ml de liquide à vaisselle sans détergent dans environ 4 litres d’eau. L’opération est à recommencer tous les jours pendant 10 à 14 jours.

Également, il est possible d’utiliser des prédateurs et parasites naturels pour mieux contenir les populations à un niveau acceptable pour votre pelouse. Il s’agit notamment de la punaise géocorine (Geocoris spp.) ou encore de la petite guêpe. Pour ce faire, vous pouvez en acquérir chez un éleveur d’insectes. Pour les plus motivés, ces prédateurs et parasites naturels se retrouvent également dans la nature !

Une pelouse mieux parée

Entre une pelouse bien entretenue et une pelouse stressée où le sol est compacté, le chaume ou l’azote est en excès, où il manque d’humidité, la punaise de céréales choisira cette dernière comme plante hôte. Ainsi, pour éviter les ravages de celle-ci et pour que votre pelouse puisse mieux supporter les dommages qu’elle peut éventuellement lui causer, il existe quelques trucs et astuces qui sont loin d’être difficiles à appliquer.

Évitez les tontes courtes

La tonte courte favorise la présence de punaises velues étant donné qu’elles stressent le gazon. Un gazon stressé est un lieu de prédilection pour ce type d’insecte ravageur. De ce fait, il est préférable d’effectuer une tonte à une hauteur de 7 à 75 cm. Une telle hauteur favorise l’humidité et apporte un ombrage pour le sol, ce qui dissuadent la punaise de céréales de s’installer dans votre pelouse.

Non au sol compacté

Il convient d’aérer la pelouse au printemps pour avoir un sol moins compacté qui peut également favoriser la présence des punaises de céréales. En cas de réensemencement, au printemps ou à la fin de l’été, il est préférable de choisir une variété de fétuques élevées ou d’ivraies qui résistent aux insectes et dont la semence est enrichie en champignons endophytes. Si ces champignons ont des propriétés répulsives aux punaises, une telle variété de fétuques ou d’ivraies résiste également mieux à la sécheresse et au stress.

Arrosage et humidité

En été, l’arrosage doit être abondant. Une fréquence d’une fois par semaine quelle que soit la saison est requis. Le sol doit être humide, à une profondeur de 6 à 8 cm, d’où l’importance de l’irrigation dans la lutte contre ce type d’insecte ravageur.

La question du chaume

Comme les individus adultes passent l’hiver sur les débris végétaux, entre les écorces dans les buissons, il est conseillé de se débarrasser de tout ces débris végétaux et ces vieilles tiges à l’automne et au printemps pour diminuer les risques.

Même s’il est recommandé d’enlever les couches épaisses de chaume, une certaine quantité doit être conservée dans les régions où le climat est plus rude afin que le gel ne puisse pas atteindre le sol et l’endommager.

Optimiser l’assimilation des éléments nutritifs

Une analyse du sol s’avère toujours utile. Dans le cas d’un sol dont le pH est en dessous de 6.5, il est conseillé d’ajouter de la chaux calcique ou dolomitique à l’automne. En effet, un pH entre 6 et 7 permet au gazon de mieux assimiler les éléments nutritifs comme l’azote, le phosphore ou encore le potassium.

Concernant l’épandage d’engrais, qui devrait se faire vers la fin de l’automne, un engrais ne se dissolvant pas dans l’eau ou libérant de l’azote lentement est préférable. Il est conseillé de ne pas en épandre trop pour réduire les risques d’infestation. Par ailleurs, concernant l’azote, 1 kg est largement suffisant pour une surface de 100m².